Guatemala
- Pierre Nussbaumer

- 7 avr. 2020
- 5 min de lecture

Il y a beaucoup de choses dans ce drapeau : les deux bandes bleu représentent le Pacifique et la mer des Caraïbes, la bande blanche, la pureté ; l'oiseau, un quetzal, symbole de la liberté; la bannière nous rappelle l'indépendance, les deux fusils que le Guatemala est prêt à se défendre; quant aux sabres, ils symbolisent l'honneur.
Nous sommes restés deux nuits au Guatemala : la première à Santo Tomas de Castilla, d'où nous sommes partis pour Tikal et la deuxième à Livingston d'où nous sommes remontés le Rio Dulce vers la forteresse San Felipe avant de visiter la ville de Livingston. Sur la carte suivante, vous pouvez voir, d'une part, où se trouve le Guatemala en Amérique centrale et, d'autre part, où nous sommes allés.

Le Guatemala est un des six pays d'Amérique centrale, les autres étant le Bélize (anciennement Honduras Britannique), le Honduras, le Salvador, le Costa Rica et le Panama. Il a une superficie de 108'889 km2, soit gross modo deux fois la superficie de la Suisse, et une population de dix sept millions de personnes. La capitale est Guatemala City avec près de trois millions de personnes.
La population est composée de 56% de Ladinos (métisses hispano-amérindiens), de 42% de Mayas, d'un peu moins de 2% de Noirs et de 0.2% d'étrangers. L'espagnol est la langue principale parlée par 70% de la population, suivie par les langues mayas (29.7%) au nombre de vingt-trois dialectes. C'est le pays le plus peuplé d'Amérique centrale et celui qui a le taux de natalité le plus élevé de toute l'Amérique latine : près de la moitié de la population a moins de dix-neuf ans. L'espérance de vie à la naissance est de 72.4 ans (153e position). Pour vous donner une comparaison : les USA - 80.3 (45e), Allemagne - 81.1 (37e) - France - 82.2 (19e) - Italie - 82.50 (17e) et Suisse - 82.80 (13e), le champion toutes catégories étant Monaco - 89.5 !
Le pays est pauvre, plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, proportion qui est encore plus importante chez les Mayas avec près des deux tiers. L'index GINI qui renseigne sur la répartition des richesses dans un pays (plus le chiffre est bas, mieux sont réparties les richesses) est de 48.3. En comparaison, les pays les mieux notés sont les pays scandinaves avec la Norvège (27.0), la Finlande (27.4) et la Suède (28.8). La France fait un peu moins bien avec 31.60 ainsi que la Suisse avec 32.7. Quant aux USA, ils se "contentent" de 41.4 !
L'histoire du Guatemala peut se diviser en trois grandes périodes : une période Maya ou période précoloniale avec la particularité de voir l'influence Maya se terminer vers la fin du premier millénaire, laissant un demi-millénaire d'errance historique. La période coloniale qui commence avec la conquête espagnole au début du XVIe siècle, conquête qui se fit sans difficulté, les villes Maya étant en ruines et aucune opposition organisée vint freiner les Espagnoles. Si l'on compare le Guatemala aux autres colonies espagnoles de cette période, la déception fut grande pour les colonisateurs : pas d'or ou d'argent comme au Pérou ou au Mexique, mais principalement du cacao et de l'indigo, produits de peu de valeur. De plus le commerce ne fut pas facilité, le Guatemala n'ayant pas de ports attractifs. La seule importance du Guatemala de l'époque coloniale fut le rôle joué par Guatemala City, la capitale, comme centre religieux et administratif de toute la région comprise entre le Mexique et le Panama.
La période de l'indépendance qui va du 18 septembre 1821 à nos jours a vu une succession impressionnante de régimes tantôt autoritaires, tantôt libéraux. Une période fut relativement calme, celle qui va de 1931 à 1944, période qui ne vit que deux présidents : Ubico qui fut élu démocratiquement en 1931 et qui présidera jusqu'en juin 1944, une grève générale le forçant à démissionner et il fut remplacer après trois mois de régime transitoire par José Luis Arévalo qui fut amené au pouvoir par un mouvement populaire, pourvoir qu'il garda jusqu'en 1951.
De 1951 à 1986, la Guatemala fut, comme toute l'Amérique centrale, le théâtre d'une guerre civile de trente-et-un ans, sur fond de lutte contre le communisme ou contre le capitalisme, avec l'intervention quasi permanente de la CIA, dans un contexte de guerre froide. En 1985, une nouvelle constitution fut approuvée et un nouveau président, Marco Vinicio Aréval (rien à voir avec le précédent) fut élu. Depuis cette date, des élections démocratiques (...) ont lieu tous les quatre ans et la vie politique moins perturbée.

Puerto Barrios
Santo Tomas de Castillo se trouve en fait à côté de Puerto Barrios, le plus grand port de la côte atlantique, port d'où partent, entre autres, les bananes de Chiquita par des bateaux nommés Chiquita Express, Chiquita Trader ou encore Chiquita Progress. Nous n'avons en fait que traversé la ville pour nous rendre sur un petit aéroport militaire où nous avons prix un avion pour Flores sur les bords du lac Péten Itza et, de là, un bus qui nous a amené en une heure trente à Tikal.
Petite anecdote sur le vol Puerto Barrios - Flores : nous avons volé à dix dans un petit avion à deux moteurs, assez bruyant et, à un certain moment, un bruit strident s'est fait entendre. Presque tout le monde a blêmi (sauf l'équipage, ce qui est plutôt bon signe...), plus un mot dans la cabine, nous attendions que cela passe, espérant que notre dernière heure ne soit pas arrivée. Finalement le bruit disparu comme il est venu, mystérieusement : ce fut un moment intense.
Nous arrivons finalement à Tikal.

Tikal - Vue générale
Tikal, maintenant en pleine jungle, couvre une surface de deux kilomètres carrés et demi avec des temples très espacés les uns des autres. A son apogée, vers 700 de notre ère, Tikal devait compter dans son centre une population de près de dix mille personnes et son bassin d'influence atteignait probablement les cinquante mille personnes.

Tikal - Temple IV
Le site comporte cinq grands temples, de Temple I à Temple V. Le Temple IV ci-dessus est le plus haut, mesure soixante-cinq mètres (cent quatre-vingt-dix-neuf marches, j'ai compté...)

Pyramide du Monde perdu - Mundo Perdido

Temple IV

Temple II ou Temple au Masque

Temple III
Après cette longue visite, nous reprenons notre bus pour aller déjeuner au bord de l'eau, sur le lac Péten Itza. Mais, sur le chemin du déjeuner, il a bien fallu s'arrêter pour visiter les échoppes locales, dans l'espoir que nous ferions grimper leur chiffre d'affaires. Comme d'habitude, je n'ai rien acheté, mais j'ai profité pour me promener et, là, j'ai trouvé les sujets que j'aime. Je vous laisse regarder...




Nous sommes finalement retournés sur notre bateau et partis pour notre prochaine escale, Livingston et le Rio Dulce.
Cette nouvelle journée fut bien remplie : d'abord la remontée du Rio Dulce en Zodiac, avec, pour commencer, la vue sur les bateaux amarrés devant Livingston



Ensuite, la remontée du Rio Dulce, avec ses découvertes...



Et nous arrivons finalement au Fort San Felipe. Le fort fut construit en 1644 au sud du lac Izabel, pour protéger le port de San Antonio de las Bodegas contre les attaques des pirates, principalement des pirates anglais. La nuit, une chaine tirée depuis la rive opposée, interdisait l'accès au lac Izabel. Le port de San Antonio avait une importance capital, il était le point d'accès pour les marchandises espagnoles destinée à la Capitainerie général du Guatemala dont le siège était, je vous le rappelle, à Guatemala City. Visitons...




Tous les objets décoratifs ne sont pas d'époque...
Une fois notre visite terminée, nous sommes remontés sur notre Zodiac, direction Livingston : une descente de la rivière qui dure une vingtaine de minutes, et notre marin nous débarque à Livingston. Cette ville a une particularité : elle n'est desservie par aucune route. Nous promener dans cette ville fut un des bons moments de cette croisière. Regardez...













Nous sommes remontés sur notre bateau pour partir vers le Belize.
PN/07.04.2020




Je suis d'accord avec mlf…
Et je sens que certains de ces portraits vont encore être l'objet de développements photos qui vont en valoriser la qualité.
Merci Pierre pour tes photos et les commentaires qui apportent un petit plus pour participer davantage à votre voyage.
J’ai adoré les portraits que tu as fait à Livingston!